Bières chinoises : histoire, marques et dégustation

Bouteilles de bières chinoises Tsingtao et Snow sur une table de restaurant avec plats vapeur

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Points clés à retenir

  • Tsingtao domine les exportations avec plus de 50% du volume
  • La Chine compte plus de 400 brasseries et 500 marques
  • Les lagers chinoises titrent généralement autour de 3% d’alcool
  • Les prix varient de 2,5 yuans en épicerie à 40 yuans en bar
  • La Chine est le premier producteur et consommateur mondial de bière

L’histoire de la bière en Chine

Ça sent le malt et le houblon dès l’entrée de la brasserie de Qingdao, et pourtant on est bien en Chine, pas en Bavière. J’ai découvert les bières chinoises par ce détail-là, un après-midi d’automne, et ça a changé ma façon de voir le pays.

La fermentation de céréales existe en Chine depuis des millénaires, sous des formes proches du vin de riz plus que de la bière au sens occidental. Ce que j’aime là-dedans, c’est que le pays n’a pas attendu l’arrivée des Européens pour boire fermenté.

L’arrivée des brasseurs occidentaux

Tout bascule en 1903. Des investisseurs allemands fondent la brasserie Tsingtao à Qingdao, ville alors sous concession germanique. La recette est occidentale, l’eau vient des montagnes de Laoshan, et le succès est immédiat sur le marché local.

D’autres brasseries suivent, souvent portées par des colons russes ou japonais dans le nord du pays, notamment à Harbin. C’est le genre de détail qui change tout dans la lecture de la carte brassicole chinoise : elle est née de morceaux d’empires étrangers.

L’essor de l’industrie moderne

À partir des années 1980, l’État chinois encourage la production locale et les brasseries se multiplient à un rythme impressionnant. Le pays compte aujourd’hui plus de 400 brasseries actives, selon Odoo Planète Drinks, et plus de 500 marques recensées, selon Marque-Alcool.com.

On est loin du cliché de la bière industrielle unique et sans relief. J’ai eu du mal à repartir de Qingdao tellement la diversité m’a surprise, entre lagers légères, bières régionales et productions artisanales qui commencent à percer.

Les 3 grandes marques de bières chinoises : Tsingtao, Snow, Harbin

Les principales marques de bières chinoises

Impossible de parler de bières chinoises sans citer les trois géants qui structurent le marché : Tsingtao, Snow et Harbin. Chacune a son territoire, son histoire et son style.

Tsingtao, l’ambassadrice à l’export

C’est la plus connue hors de Chine. Tsingtao représente plus de 50 % des exportations de bière du pays, selon Wikipédia. Son goût est net, légèrement floral, taillé pour accompagner un plat épicé sans l’écraser.

Snow, la championne du volume

On la connaît peu en Europe et pourtant Snow est la bière la plus vendue au monde en volume, selon Marque-Alcool.com. Elle domine le marché intérieur chinois, vendue à prix serré dans les épiceries et les petits restaurants de quartier.

Harbin et les marques régionales

Harbin, née dans le nord glacial du pays sous influence russe, garde un profil plus rond. À côté d’elle, des marques régionales comme Daliangshan tiennent leur territoire, preuve que le marché chinois n’est pas centralisé autour de deux ou trois noms.

MarqueOrigineParticularité
TsingtaoQingdao, 1903Leader à l’export
SnowNational1ère en volume mondial
HarbinNord de la ChineInfluence russe
DaliangshanRégionaleDiffusion locale

Les caractéristiques des bières chinoises

La première fois qu’on goûte une lager locale, la légèreté surprend. Le degré d’alcool tourne généralement autour de 3 %, selon Chine.in, bien en dessous des standards européens.

Un classement par couleur, pas par style

En Chine, on distingue surtout les bières par couleur : blanche, blonde, brune. Cette lecture, peu reprise ailleurs, en dit long sur l’usage. La blonde accompagne le repas au quotidien, la brune se réserve aux soirs plus froids, la blanche reste rare et prisée des amateurs.

Je ne suis pas objective, et je l’assume : j’ai un faible pour les brunes du nord, plus maltées, qui rappellent certaines bières allemandes sans en avoir la rondeur.

Un goût pensé pour la table

Les lagers chinoises sont conçues pour être bues fraîches, en grande quantité, en accompagnement d’un repas partagé. Le goût reste discret, presque effacé, pour laisser la place aux plats épicés ou gras du quotidien.

Où et comment déguster une bière chinoise en Chine

Les prix racontent autant que le goût. Une bière achetée en épicerie coûte entre 2,5 et 4 yuans, selon Chine.in. Au restaurant, on grimpe à une fourchette de 4 à 18 yuans, et une bouteille de 600 ml dans un petit établissement local tourne autour de 5 yuans.

Dans un bar réputé, en revanche, l’addition change de nature : comptez entre 20 et 40 yuans la bouteille. Ce grand écart de prix pour le même liquide en dit long sur la stratification sociale de la consommation en Chine.

La brasserie de Tsingtao à Qingdao

Il faut y aller une fois dans sa vie. La visite de la brasserie historique dure entre 1h30 et 2h, selon Voyage-Chine.com, et traverse les anciennes cuves en cuivre avant de finir par une dégustation directement à la source.

Les traditions de consommation locales

Ici, la bière se boit à table, en groupe, souvent accompagnée d’un rituel de toasts. On ne sirote pas seul dans son coin : chaque gorgée répond à un cul-sec collectif, une habitude qui surprend la première fois et qu’on adopte vite.

La Chine, premier marché mondial de la bière

Derrière ces marques familières se cache un marché d’une taille difficile à imaginer depuis la France. La Chine est le premier producteur et le premier consommateur de bière au monde, selon Marque-Alcool.com.

Avec plus de 400 brasseries actives et plus de 500 marques recensées à travers le pays, aucun autre marché ne rivalise en volume. On ne s’en lasse pas de découvrir, ville après ville, une nouvelle étiquette qu’on n’avait jamais croisée à Paris.

Comment acheter des bières chinoises en France

Tsingtao se trouve désormais sans difficulté dans les épiceries asiatiques des grandes villes françaises, et parfois même en grande surface au rayon international. Pour les autres marques, il faut se tourner vers les boutiques en ligne spécialisées dans les produits asiatiques.

Bien choisir sa première bouteille

Pour un premier essai, je conseille de partir sur une lager blonde classique, type Tsingtao, avant de s’aventurer vers les brunes plus typées. C’est un point d’entrée fiable, servi frais, qui donne une idée juste du style.

Les accords avec la cuisine chinoise

Une lager légère accompagne parfaitement des raviolis vapeur ou un plat sauté au wok. Sur un plat plus relevé, façon Sichuan, une bière brune tient mieux tête au piment. À garder précieusement pour le prochain dîner chinois improvisé à la maison.

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